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Rénovation énergétique : les zones qu'on oublie toujours d'isoler

Rénovation énergétique : les zones qu’on oublie toujours d’isoler

Il ne faut pas oublier non plus, lors d’un projet de rénovation énergétique, d’isoler les parois qui ne donnent pas directement sur l’extérieur. Certaines zones de la maison, et pas des moindres, qui sont pourtant particulièrement exposées aux pertes thermiques : les espaces sous toiture (combles aménagés ou non), mais aussi les cloisons intérieures, qui peuvent pourtant participer à la création d’un bon confort thermique, notamment en période de fortes chaleurs.

Commencer par un diagnostic pour repérer les fuites invisibles

Avant d’isoler, il faut savoir où se situent les véritables pertes dans le logement.

Le DPE permet une première approche de la performance globale (valable 10 ans), avec des recommandations souvent assez générales. Moins long mais plus efficace pour déterminer le programme de travaux à déployer (et cibler les aides), l’audit énergétique (valable 5 ans) explicite plusieurs scénarios et chiffre les gains énergétiques potentiels. C’est souvent lui qui permettra de ne pas isoler un symptôme au lieu de s’attaquer à la cause.

Ce premier repérage ne repose bien sûr pas seulement sur les documents. Les traces d’humidité, le contact des parois froides, les courants d’air ressentis, des écarts de température entre pièces ou encore une sensation générale d’inconfort en hiver donnent déjà quelques indications. Une caméra thermique vient ensuite compléter le diagnostic en permettant de repérer visuellement les fuites ; des inspections ciblées autour de la toiture (couvrement et pénétrations), des planchers bas, de l’espace sous le plancher bas, coffres de volets ou liaisons façades/fenêtres permettent ensuite d’affiner le diagnostic. Cette étape sert aussi à planifier des travaux cohérents à mener simultanément (isolation, pilotage des équipements… avec l’apport de solutions numériques encore peu présentes dans le logement puisqu’une faible part du parc est réellement numérisée).

Les combles, la zone la plus négligée mais la plus rentable à isoler

La toiture reste le premier point faible de nombreuses maisons.

Dans des combles mal isolés, les pertes de chaleur peuvent représenter environ un quart, parfois jusqu’à 30 % des déperditions. C’est aussi l’un des travaux les plus rentables, car une bonne isolation du toit peut réduire la consommation d’énergie de l’ordre de 30 %. Pour cette raison, on commence souvent par les combles avant d’envisager les murs, surtout quand le budget doit être hiérarchisé.

La bonne méthode dépend de la configuration. Dans des combles perdus, le soufflage d’isolant est fréquent car il couvre rapidement toute la surface. Dans des combles aménagés, on travaille plutôt par l’intérieur, entre ou sous chevrons, voire par l’extérieur lors d’une réfection de couverture. Le choix technique ne doit pas être séparé du reste du projet : la forme du toit, les accès et l’épaisseur disponible influencent aussi une future pose de panneaux photovoltaïques, qui demande une toiture saine, bien conçue et durablement performante.

Les planchers bas, murs et vitrages : des postes parfois négligés qui contribuent à dégrader le confort

Alors que les combles avaient été traitées, d’autres surfaces continuent à dégrader le confort… Les murs extérieurs ne sont pas en reste, avec environ 20 à 25 % des pertes, devant les vitrages, environ 10 à 15 %, et enfin les planchers bas, autour de 7 à 10 %.

On oublie souvent ces derniers postes, moins visibles qu’une toiture.

Pourtant, ils peuvent expliquer des parois froides (vitrages compris), une température plus difficile à stabiliser et un sol glacé au rez-de-chaussée.

La conduite à tenir dépend du type de logement. En appartement, le remplacement de fenêtres anciennes est judicieux avant la rénovation des parties communes, d’autant que l’inconfort peut résider principalement dans les menuiseries. Le matériau est également important. Le PVC s’accommode bien de la plupart des environnements terrestres pour son rapport coût-performance, tandis que l’aluminium a une longévité supérieure en milieu maritime (à condition de choisir une rupture de pont thermique efficace). Pour ce qui concerne les murs et les planchers, l’objectif est identique : conserver la déperdition la plus faible possible sans déséquilibrer l’hygrométrie ni nuire à l’usage des pièces.

Les ponts thermiques et les infiltrations d’air, ces défauts discrets qui font perdre tous les bénéfices de l’isolation

Un logement peut être bien isolé sur le papier et finalement décevant à l’usage si les jonctions ne sont pas bien traitées.

Les ponts thermiques à eux seuls sont responsables de 5 à 10 % des pertes, mais ils se concentrent dans des zones très précises : les liaisons murs/sol (planchers), les angles, les encadrements de fenêtres, les balcons, refends ou changements de matériaux. Si ces surfaces ne sont pas très grandes, il s’agit de points faibles qui ont la capacité de refroidir localement des parois suffisamment pour provoquer condensation ou inconfort.

Le phénomène est aggravé par les infiltrations d’air. Une fuite autour d’une menuiserie, d’une trappe, d’un passage technique ou d’un coffre de volet peut venir annuler une isolation récente. Les réponses techniques à mettre en œuvre sont également particulières : retours d’isolant, enduits isolants, traitement des nez de dalle, mousses et joints adaptés, amélioration de l’étanchéité à l’air… Même sans rénovation complète du bâtiment, il est pertinent de traiter ces points précis car ils pénalisent directement la performance réelle du bâtiment et le confort ressenti par ses occupants.

Ventilation, matériaux et ordre des travaux : les choix pour ne pas rater sa rénovation

Une isolation de qualité ne s’improvise pas  : elle repose sur le choix d’isolants adaptés au type de projet considéré, en tenant compte non seulement des performances thermiques mais aussi de l’impact écologique, de la pérennité dans le temps et de la compatibilité avec le bâti.Ainsi qu’une bonne gestion de la ventilation et un enchaînement ordonné des travaux sont garants d’une rénovation efficace et durable.Pour une isolation réussie, pensez aux étapes suivantes  :

  • Le bon matériau : choisissez vos isolants en fonction de la paroi concernée (murs, toitures, sols), du climat où vous habitez et des contraintes d’encombrement.

  • L’installation d’une ventilation performante : misez sur une VMC double flux ou simple flux bien dimensiońnée assurant une bonne qualité de l’air intérieur tout en évitant les déperditions énergétiques.

  • Le séquençage des travaux : commencez par l’isolation avant de revoir votre système de chauffage afin d’éviter un surdimensionnement coûteux et nuisible à votre confort.

  • Le contrôle de l’étanchéité : vérifiez et améliorez si besoin l’étanchéité à l’air du bâtiment afin de maximiser les performances énergétiques.

  • Les normes et aides à respecter  : tenez compte de la réglementation thermique en cours et profitez des aides financières existantes pour optimiser le coût global des travaux. 

En respectant ces quelques préconisations, vous avez la garantie d’une rénovation complète permettant un meilleur confort thermique, une consommation énergétique réduite et une qualité d’air préservée tout au long de l’année.

Aides financières, économies sur la facture et valorisation de votre logement

Le coût représente toujours un frein majeur, mais de nombreux dispositifs permettent de diminuer l’investissement : MaPrimeRénov’, éco-PTZ, TVA à taux réduit, aides locales ou régionales sont accessibles sous conditions de ressources, de nature des travaux et de recours à des entreprises titulaire du label RGE.

Au-delà des montants, l’intérêt d’une rénovation bien ciblée se ressent très vite dans les usages quotidiens : moins de courant d’air, température mieux régulée, besoin de chauffage réduit et logement plus confortable en période chaude…

Les bénéfices ne s’arrêtent pas là. Une amélioration du DPE peut également se traduire par une augmentation de la valeur vénale du bien, un gain d’une classe étant parfois synonyme de meilleure valorisation (environ 5%). Les travaux de rénovation globale font également apparaitre des économies significatives et une montée en puissance énergétique clairement identifiable. À une échelle plus globale, le sujet devient stratégique pour réduire les émissions et adapter l’habitat aux hivers énergivores que nous connaissons comme à la croissance des besoins en ventilation et climatisation. Le cap 2050 est ambitieux au rythme actuel, d’où l’intérêt d’avoir dès à présent des logements plus sobres, mieux pilotés et capables demain de produire une part de leur propre électricité.

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